Le Mot du Père Curé

Chers amis,

Plus encore qu’au printemps, la nature d’automne est flamboyante des multiples couleurs dont se parent les arbres et les vignes. Elle semble s’être revêtue de sa parure de fête pour célébrer la rentrée des moissons et la fin des vendanges. Elle nous offre un ultime ravissement d’ocres, de jaunes et de rouges avant de s’endormir dans le long sommeil hivernal. Les feuilles seront bientôt emportées par les bourrasques et les pluies cévenoles ; les soirées se rallongent, le froid fait son apparition ; les brouillards d’automne étendent leur voile sur les campagnes, et couvrent le sommet des montagnes d’un bonnet de grisaille.

L’Eglise célèbre elle aussi, un « automne ecclésial ».

Après les fêtes éclatantes de lumière de l’été qui culminent avec l’Assomption, nous entrons dans les dernières semaines de l’année liturgique, qui nous invitent à nous tourner vers le second avènement du Christ – que ce soit au moment de la mort, ou à la Parousie. L’insistance n’est pas sur le Jugement, mais sur le retour triomphal de notre Rédempteur, qui vient nous donner part à sa victoire sur la mort, au-delà du voile qui nous sépare encore de Lui. Aussi est-ce la vertu d’espérance qui éclaire ce temps liturgique, vertu théologale qui nous permet de « pressentir » au-delà des apparences – hélas peu réjouissantes – de notre pauvre monde, la venue de Celui qui vient transfigurer tout l’ordre créé dans le Feu de l’Esprit. A la Toussaint, nous écartons le voile du ciel pour entrevoir l’Eglise triomphante ; la commémoration des défunts nous invite à prier pour les âmes qui poursuivent dans l’au-delà leur cheminement vers la pleine Lumière de la Vie en Dieu ; lors de la fête du Christ-Roi, nous contemplerons Celui qui est venu, qui nous accompagne « tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20), et qui viendra dans la gloire pour nous introduire dans les demeures de son Père.

L’appel est donc à la vigilance : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Mt 25, 13). Il s’agit d’être parmi les vierges sages (Mt 25, 1-13), qui gardent suffisamment d’huile dans leur lampe pour accueillir l’Epoux quand il viendra. Puissions-nous être établis dans l’attitude préconisée par le prophète Amos : « Prépare-toi à rencontrer ton Dieu » (Am 4, 12), en entretenant dans notre cœur l’huile du désir de sa manifestation glorieuse.

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